Le blog

La première rentrée des classes

Ca y est, petit coeur est devenu grand ! On se demande d’ailleurs comment ces trois dernières années sont passées aussi vite… il est déjà temps de rentrer à l’école, en petite section.

En tant qu’enseignante, j’ai eu plusieurs classes de Petite section, et ce sera de nouveau le cas pour cette rentrée. Ainsi, je me suis dit que j’allais essayer de partager quelques petits conseils qui pourraient peut-être vous aider à traverser cette étape.

Nos angoisses de parents

Tout le monde ne cesse de nous le répéter: « Les enfants sont des éponges, si tu t’inquiètes, il sera inquiet lui aussi! »

Forcément que nous sommes inquiets, et ce n’est certainement pas en nous disant de ne pas l’être que cela aide… Si je vous dis « Ne pensez pas à un éléphant rose! » Qu’est-ce que vous voyez dans votre tête? Il y a de quoi être inquiet, et il y a de quoi ressentir mille et une autres émotions d’ailleurs. C’est un changement, un sacré changement! Tout se mélange, on est fier de ce que devient notre petit amour, on espère que tout se passera bien, on se dit qu’il est prêt, on est aussi nostalgique du petit nourrisson lové dans nos bras d’il y a quelques temps, on se sent prêt pour un peu de changement etc.

Je crois qu’il est avant tout important justement d’accepter tout ce qu’on ressent nous-mêmes. Les émotions positives, aussi bien que les négatives. J’entends par là ne pas minimiser, ne pas chercher à se convaincre à tout prix que tout ira bien, que c’est la vie, qu’on n’a pas le choix. Enfin bien sûr, c’est la réalité, mais nous avons le droit de ressentir tout ça, donc soyons un peu indulgents avec nous-mêmes pour une fois et accordons-nous ce droit.

Autre point important : je ne crois pas qu’il soit bon d’essayer de faire à tout prix bonne figure devant notre enfant. Bon ok, bien évidemment, évitons de fondre en larmes devant lui ou d’exprimer trop d’inquiétude mais je trouve qu’une certaine transparence amène une complicité supplémentaire avec notre enfant.

De manière plus générale, c’est en exprimant nos propres émotions, en mettant de vrais mots dessus, que nos enfants perçoivent que nous sommes comme eux lorsqu’ils ressentent des choses. Ils comprennent que c’est donc normal de ressentir des émotions, et que même les adultes peuvent s’inquiéter, être triste, en colère etc. Cela leur donne une occasion supplémentaire de nous accorder leur confiance.

Si l’enfant pose des questions sur l’école, la séparation, pourquoi ne pas lui avouer que pour nous aussi c’est une nouvelle étape, que cela nous émeut.

Equilibrons un peu tout cela avec du positif : ne pas hésiter à dire, à redire à quel point nous sommes fiers, à exprimer que nous avons confiance en notre enfant (et en nous!), qu’on sera là pour le soutenir, l’accompagner à vivre du mieux possible cette séparation.

Parler, dialoguer, expliquer pour rassurer

Il me semble que c’est un point ESSENTIEL. Il faut parler de l’école mais aussi de la séparation, de ce changement.

Je trouve cela important, d’en parler à la fois régulièrement mais aussi de manière précise. Il n’est pas nécessaire d’avoir de très longues discussions, de tout aborder d’un seul coup mais plutôt de créer différentes occasions de « ramener le sujet sur le tapis ». (D’ailleurs inutile d’en parler trop à l’avance, mais si possible, ne pas le faire trop au dernier moment non plus, trouvons la juste mesure).

Pour essayer d’être précis, je vous donne une petite idée des points à aborder quand on évoque l’école :

-le fonctionnement de l’école et le déroulement d’une journée : la garderie le matin, le temps d’accueil dans la classe, les moments de regroupement avec la maitresse autour de rituels (la date, la météo, les comptines etc.), le temps des ateliers, le temps d’activité physique en salle de motricité, la récréation, la cantine, les passages aux toilettes, la sieste etc.

-les activités réalisées à l’école : la découverte et lecture de nombreux albums, l’apprentissage de chansons, de comptines, de jeux de doigts, dessiner avec des crayons de couleurs, des feutres ,des craies, peindre avec la gouache, l’encre, des pinceaux, des bouchons, plein d’objets… Compter, découvrir les lettres, apprendre l’alphabet, découvrir les syllabes, faire des expériences, jouer dans la salle de motricité : les parcours, les rondes, les danses, les jeux avec cerceaux, ballons, foulards etc etc !!!

-les personnes que l’on va rencontrer : la maitresse ou le maitre, les autres enfants de la classe, les enfants des autres classes, l’ ATSEM (Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelle) qui aide la maitresse (ou le maitre) et s’occupe des soins et de l’hygiène, les animateurs le midi et le soir à la garderie…

-les endroits de l’école (c’est toujours bien si une visite a pu être effectuée au moment de l’inscription / sinon pas de panique, une visite avec l’enseignant sera au programme pour les enfants) : la salle de classe, le dortoir, la cantine, les toilettes, les portes manteaux, la cour de récréation, la salle de motricité etc.

-les règles de vie de l’école : expliquer qu’il y aura des temps consacrés à la réalisation de certaines activités, qu’il faudra parfois s’asseoir autour de la maitresse ou du maitre et écouter, ne pas parler en même temps que les autres enfants, donner la main à un autre enfant pour sortir de la classe etc. Mais on peut rassurer son enfant en lui disant que l’enseignant et les adultes prendront le temps de bien tout expliquer.

Il me parait important d’aborder tout aussi précisément la séparation : comment cela va se dérouler, qui emmènera l’enfant le matin, qui ira le chercher le soir, dire qu’on pourra peut-être rentrer dans la classe, n’y rester qu’un petit instant avant de repartir, insister sur le fait qu’on revient !!!

Pour aborder ces sujets, je vous mets à la fin de cet article une sélection d’albums.

Une séparation en douceur / des retrouvailles chaleureuses

D’un point de vue organisationnel : lorsqu’on en a la possibilité, c’est toujours bien de commencer par laisser l’enfant seulement la demi-journée, de manière à venir le récupérer avant la pause déjeuner. D’ailleurs, certaines familles font ce choix pendant une bonne partie de l’année scolaire (il faut s’accorder avec l’école et l’enseignant) mais pour d’autres c’est plus difficile.

Peut-être au moins essayer la première semaine ou les tout premiers jours, quite à demander à la famille, ou une personne de confiance de venir récupérer l’enfant. Cela permet de faire les choses progressivement, car le moment du repas et la sieste à l’école apportent des changements soudains supplémentaires.

Les rituels sont nos alliés !

Préparez les affaires ensemble le soir, remplir le sac, expliquez ce qu’on y met et pourquoi.

Couchez l’enfant de bonne heure, de manière à ce qu’il se lève en forme le matin (les journées à l’école sont souvent plus fatigantes que chez la nounou ou même à la crèche)

-Pourquoi ne pas instaurer un petit moment de bien-être le matin avant de partir à l’école / un rituel positif. Cela peut passer par une petite histoire, un massage, un peu de yoga, un gros câlin, un moment privilégié ensemble, bref n’importe quoi qui fasse vous sentir bien tous les deux. On met le réveil un peu plus tôt et on prend le temps de partager, cela fait du bien à l’enfant et à son parent.

Dites des choses positives mais sans masquer la réalité de la situation. Pas la peine d’idéaliser l’école en disant « Tu vas voir c’est vraiment super l’école ! » L’enfant risquerait d’être déçu!

-Pourquoi ne pas remplacer les : « Ca va passer vite allez tu vas voir, ça va être génial! » par « Peut-être que tu vas découvrir quelque chose que tu vas adorer aujourd’hui : une histoire? Une comptine? Un nouveau jeu? Du temps avec tes copains copines? Si tu as envie ce soir tu pourras me dire ce que tu as aimé? Dans tous les cas peut-être que cela va être difficile de se dire au revoir tout à l’heure mais je vais beaucoup penser à toi, tu es dans mon coeur et surtout je reviens te chercher ! »

-Idem le soir : pourquoi ne pas proposer un petit plaisir du soir (attention, il ne doit pas être présenté comme une récompense mais plutôt pour montrer que la séparation ne dure pas, qu’il y a des choses à vivre en dehors de l’école aussi, que la vie continue / reprend son cours, que tout notre monde n’a pas changé, on continue de faire aussi les mêmes choses qu’avant).

On peut commencer à mettre toutes ces petites choses en place une petite semaine avant la rentrée.

Le jour J

On poursuit donc nos petits rituels.

On gère le timing du matin.

On habille son enfant avec des vêtements confortables, faciles à enfiler. Idem pour les chaussures. Il se sentira plus à l’aise s’il commence à savoir se débrouiller seul pour s’habiller / se déshabiller, pour passer aux toilettes etc. Bien évidement il y aura quelqu’un pour l’aider, mais on anticipe le fait qu’il n’ose potentiellement pas forcément demander de l’aide.

Sur le trajet, on parle de l’école si l’enfant en a envie mais on veille à ne pas trop faire monter la pression.

Au moment de se dire au revoir, on prend le temps de bien répéter que l’on revient, on peut aussi dire que les personnes qui sont à l’école sont là pour prendre soin de notre enfant, qu’ils sont habitués à s’occuper d’enfants etc.

Et on n’essaie de pas trop s’attarder… Mais on ne s’en va pas pendant qu’il a le dos tourné non plus !

Petites astuces qui peuvent aider à faciliter la séparation

La plus classique c’est d’apporter un petit objet de transition, une peluche, un petit doudou.

Mais en voici d’autres que j’ai proposées aux parents de tester parfois (à préparer en avance à la maison) :

-le petit sac à bisous : Maman met du rouge à lèvres, laisse la trace de ses lèvres sur des petits morceaux de papier, on découpe ces petits morceaux et on les mets dans une petite pochette / tout petit sac, qu’on laissera dans le cartable. Quand l’enfant a un petit chagrin, ou en a tout simplement besoin, il peut aller chercher un bisou de Maman dans le petit sac à bisous.

-une Maman / un Papa dans la poche : on propose à l’enfant de dessiner sa maman / son papa (on peut l’aider) sur une petite feuille, que l’on plie et que l’enfant pourra garder dans sa poche de pantalon toute la journée. J’ai testé cette astuce à plusieurs reprises avec des enfants inconsolables après le départ de leurs parents. J’ai pris le temps de dessiner avec eux Maman ou Papa (je les faisais décrire, « De quelle couleur sont ses cheveux ? » / On leur permet ainsi de se concentrer sur l’image, le souvenir du parent / et non plus seulement sur son absence). On met ensuite Maman ou Papa dans la poche. Généralement l’enfant s’apaise rapidement. Il est rassuré, il peut aussi sortir le petit dessin quand il en a envie.

Il existe aussi les petites astuces d’offrir à l’enfant un bracelet « du courage », une petite pierre magique à glisser dans la poche ou dans le sac… Il y a moyen d’être créatif et de surtout trouver quelque chose qui corresponde à votre enfant, qui lui parle et plaise.

Tous ces outils peuvent l’aider mais ce qui est important c’est avant tout l’écoute, la bienveillance, l’accueil de ses émotions.

Accueillons les émotions, les colères, les pleurs, les paroles de nos enfants sans chercher à dire quoique ce soit. Montrons-nous compatissants et présents pour lui.

Cela peut passer par des paroles telles que :

« Je vois bien que cela te rend très malheureux, que c’est difficile pour toi tout ce changement, que cela t’effraie et ne te plait pas…« 

« Je sais bien que je ne peux pas être auprès de toi la journée lorsque tu en as besoin mais je pense beaucoup à toi, tu es dans mes pensées et dans mon coeur. Même lorsque je ne suis pas là, je reste dans ton coeur.« 

« On se retrouvera toujours le soir après ta journée, je serai là pour jouer avec toi, t’écouter me raconter ou ne pas me raconter ce que tu as fait, te consoler si tu en as besoin et te câliner. »

« C’est une grande étape, c’est difficile. Cela peut durer un moment, je serai là pour t’accompagner, mais cela passera, je vais tout faire pour t’aider, pour que tu grandisses et que tu arrives à te sentir mieux petit à petit. »

Quand il nous semble que les difficultés persistent

Chaque enfant est unique et différent. Il y en a qui ne pleurent pas. D’autres qui pleurent un peu, ne pleurent plus et puis repleurent. Je ne veux pas répéter ce qu’on entend toujours :« Oh ne vous inquiétez-pas, en petite section ça pleure jusqu’à Noël et après tout roule ». (Même si c’est souvent une réalité…) Il n’existe absolument aucune règle.

Pour certains cela reste compliqué plus longtemps parfois. Le meilleur conseil, c’est avant tout d’essayer de vraiment rester à l’écoute de l’enfant, de ses émotions, d’être là pour le soutenir, d’essayer de l’aider à verbaliser ses difficultés (sans trop en faire non plus, pour ne pas renforcer le problème).

C’est toujours bien également si on le souhaite, d’en parler avec la maitresse, elle peut nous éclairer sur certains points ou comportements de notre enfant que l’on aurait pas spécialement remarqués.

Gardons en mémoire que, fort heureusement d’ailleurs, des difficultés d’adaptation les premières semaines ou mois, ne sont en aucun cas gage de ce qu’il se passera ensuite, le restant de l’année et le restant de la scolarité.

J’ai même eu très souvent des enfants qui pleuraient (de manière plus ou moins intense) absolument chaque matin de l’année scolaire… Les pleurs duraient le temps du départ des parents et ensuite plus rien. Et surtout, bien souvent il s’agissait d’enfants bien intégrés, débrouillards et intéressés par les apprentissages. Comme quoi ! Il n’y a pas de règle.

Si l’on se sent vraiment préoccupé, on peut toujours en parler au médecin, au pédiatre qui suit notre enfant. Il pourra nous aiguiller. Il existe des suivis psychologiques pour venir en aide à nos enfants mais ne soyons pas alarmistes trop rapidement. Soyons encore et encore à l’écoute de nos enfants, aidons-les à nous parler, apportons-leur des outils pour les aider à exprimer leurs émotions, faisons-leur confiance, et faisons confiance aussi à notre instinct de parents.

Alors, prêts pour l’école ? 😉

Suggestions de lectures pour préparer la rentrée des classes et anticiper la séparation : retrouvez mon coup de coeur à la fin de cette liste

Des imagiers, qui vont permettre d’aborder les noms d’objets, de lieux, pour familiariser les enfants avec le vocabulaire de l’école maternelle.

Celui du Père Castor est illustré avec de superbes dessins, tandis que le Larousse est plus réaliste, il s’appuie sur des photos.

-Ce grand livre qui permet d’observer 10 grandes scènes d’une journée type à l’école.

-Un album qui met en avant les différentes émotions que peuvent ressentir les enfants lors de leur premier jour d’école

Des albums faisant partie d’une collection, mettant en scène un personnage familier des enfants dans des situations qu’ils seront amenés à vivre à l’école.

-Un album qui évoque la peur d’entrée à l’école de Tchi, un petit panda. Il découvre au fur et à mesure que la maitresse est gentille et qu’il y a de belles rencontres à faire à l’école.

-J’affectionne particulièrement cette collection, j’étais ravie de découvrir qu’il existe un exemplaire qui parle de l’école 🙂

Enfin, mon coup de coeur, un album rempli de douceur, de bienveillance. Les illustrations sont réalisées à l’aquarelle. Elles sont magnifiques et très douces. Chaque camarade rencontré par le petit manchot fait un petit geste envers lui pour l’aider à se sentir mieux. Je recommande ce joli album. Il peut tout à fait convenir pour une entrée à la crèche aussi par exemple.

Je vous invite à me laisser un commentaire pour me dire si cet article vous a semblé utile. Je souhaite une belle rentrée à tous les petits enfants, et leurs parents 😉

4 réflexions au sujet de “La première rentrée des classes”

  1. Merci Mathilde pour cet article très utile puisque Clémence va rentrer en maternelle.
    Je cours à la bibliothèque récupérer les livres cités 🙂
    Et j’ai hâte de lire les autres articles.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s