Pratiques bienveillantes

Bye bye les couches !

Aujourd’hui je vous parle d’une super grande et importante étape dans le développement de nos chers enfants: l’acquisition de la continence.

Je sais que pour beaucoup de parents il n’est pas évident de s’y retrouver, on se demande comment appréhender cette transition, quel rôle jouer, comment accompagner l’enfant, que faire finalement?

A tout cela s’ajoute bien évidemment la pression du timing : l’entrée à l’école qui approche à grands pas, les questions, allusions, comparaisons de l’entourage etc.

Difficile de rester sereins dans ces cas-là et pourtant… le premier et principal conseil que je peux vous donner est celui-ci : lâchez prise, vous n’y pouvez rien.

Oui oui ! La continence ce n’est pas comme la lecture, ce n’est pas un apprentissage. On n’apprend pas à un enfant à maitriser ses sphincters et à les relâcher dans un endroit précis. C’est un processus naturel et spontané.

Mais du coup, vous me direz « A quoi sert de lire cet article si rien de tout ça n’est de notre ressort? »

Dans cet article, je vous explique brièvement cette histoire de processus naturel, je vous propose aussi tout simplement quelques petites astuces pour respecter le rythme de votre enfant en adaptant au mieux votre attitude.

A quel moment ?

Avant toute chose, deux conditions sont absolument indispensables à l’acquisition de la continence :

  • la maturation physiologique des sphincters (l’enfant doit reconnaitre la sensation que ses organes sont pleins et il doit être en mesure de pouvoir décider à quel moment uriner ou aller à la selle).
  • la maturation psychologique (seul l’enfant peut décider s’il se sent prêt à traverser cette étape et à grandir).

L’adulte ne peut en aucun cas agir sur la première condition et la seule façon d’accompagner la deuxième est de rassembler le plus de mesures possibles pour que l’enfant se sente en sécurité et en confiance pour traverser ce changement.

Vous le savez déjà, chaque enfant est différent, chacun possède son propre rythme d’évolution. On dit généralement que l’acquisition de la continence se fait aux alentours des deux ans, mais pour certains cela peut -être avant ou après.

Il y a des enfants pour lesquels tout va se faire très vite, d’autres qui auront besoin de plus de temps. Acceptez de respecter le rythme de votre enfant, faites-lui confiance.

Comment repérer ce moment?

Les parents ont besoin de ça, de choses observables pour comprendre ! Pour repérer quel moment est le bon.

Vous en trouverez plein sur tous les autres sites Internet des exemples de phrases de type :

« Votre enfant est prêt lorsque :

  • il sait monter et descendre les escaliers sans aide…
  • il comprend des consignes de la vie quotidienne
  • il va s’asseoir sur le pot tout seul
  • etc etc. « 

Je ne suis personnellement pas certaine que l’on puisse vraiment établir de rapprochement direct entre ces affirmations (qui sont finalement celles relatives au développement d’un enfant de cet âge) et la continence.

Ce n’est pas une histoire d’adulte.

L’enfant ne devient pas continent pour faire plaisir à ses parents.

Son corps lui appartient.

Les menaces, le chantage, une trop forte incitation ou même des punitions sont absolument contre productives.

Les récompenses (gommettes, cadeaux, trop de félicitations) sont inappropriés : uriner et aller à la selle sont des besoins physiologiques. Il est nécessaire de les rendre naturels.

Quelle attitude adopter?

Celle du parent détendu, qui sait qu’un jour tout se fera naturellement.

Dès lors que votre enfant maitrise la marche, s’intéresse de plus en plus à son environnement, à vos activités, à votre façon de vivre, vous pouvez acheter un pot et le placer dans un petit endroit de la maison (si possible toujours le même, un endroit à l’abri des regards, auquel votre enfant a accès aisément).

La marque Mytoylet propose des pots qui imitent nos toilettes, avec un porte-rouleau pour le papier toilette et un bouton sonore pour la chasse d’eau : je vous assure que cela amuse énormément les enfants !

Lien vers le mini WC

En plus à l’occasion des fêtes, la marque m’a proposé de vous faire bénéficier d’un code promo que vous pouvez retrouvez ici :

Pour en revenir à l’introduction du pot, vous pouvez faire en sorte que votre enfant le remarque et à ce moment-là simplement lui expliquer l’utilité de cet objet. Certains bambins s’amuseront tout de suite à s’asseoir dessus, à y installer poupées, peluches, doudous. C’est parfait.

Il se peut qu’après cette petite phase de découverte, l’enfant se retrouve une fois ou deux par le plus grand des hasards à s’asseoir dessus, sans couche et qu’un pipi survienne à cet instant.

Puis que pendant plusieurs jours, semaines ou mois, il ne se passe plus rien. Pas de panique! L’acquisition de la continence est un véritable processus composé d’étapes différentes.

Ne brusquez pas les choses, ne vous dites pas que vous allez louper le bon moment. Encore une fois : ça se fera !

Soyez patients, bienveillants, encourageants mais pas trop. On évite si possible les grands cris de joie et acclamations, les photos, les vidéos… (Entre-nous, même si on est fier, c’est bizarre de faire ça!)

Il y aura forcément un petit moment où votre enfant s’intéressera de nouveau à tout ça.

En attendant il est intéressant pour l’enfant de :

  • lui proposer quelques lectures sur le sujet (préférez si possible les albums avec des personnages auquel l’enfant peut s’identifier : un petit garçon, une fillette, plutôt que des animaux…) J’apprécie beaucoup cet album, et Lila aussi.

Lien de l’album

  • lui donner l’occasion d’effectuer des jeux de transvasement : en quelque sorte, nous pouvons dire que le corps est un contenant, de la même manière qu’un gobelet, il se remplit et se vide, mais il reste tout entier. Ces jeux permettent à l’enfant d’explorer tout cela ainsi que les notions de dedans, dehors etc.

  • l’habiller avec des vêtements pratiques et faciles à ôter rapidement. Si c’est l’été, vous pouvez proposer une culotte ou un slip qui s’enlèvera facilement. Impliquez votre enfant avec des petites phrases telles que « Souviens-toi, tu portes une culotte et non pas une couche, si tu sens que tu as besoin de faire pipi, je t’accompagne sur le pot ».

  • proposer des activités sur le corps humain pour illustrer ce qu’est la vessie etc. Ce coffret est très bien fait.

Lien vers le coffret

  • verbaliser ce qu’il peut ressentir et ce qu’il se passe. Un jour je me suis fait la réflexion suivante : on parle de « faire pipi sur le pot », mais à la base est-ce qu’un enfant sait ce que ça veut dire « faire pipi »? Finalement « Qu’est-ce que c’est le pipi? »

Personnellement j’ai profité d’une fois où Lila a fait pipi par terre pour remplacer des petites phrases bienveillantes telles que : « Ce n’est pas grave. On va nettoyer. Ne t’inquiète pas », par : « Ah ! Justement ! Regarde, c’est ça le pipi !!! C’est ce dont je te parlais! Voila, « faire pipi » c’est ça que ça veut dire! Et normalement avant qu’il ne sorte tu dois ressentir quelque chose dans ta vessie, juste ici. La prochaine fois que tu ressens cela, tu pourras essayer d’aller sur le pot ou les toilettes ».

Bingo! Le lendemain elle faisait ses besoins sur le pot !

Et pour la sieste ? Et la nuit ?

Il est complétement normal d’observer un enfant continent le jour, qui a besoin de porter des couches la nuit. Cela peut prendre plus de temps. Genre vraiment! Parfois la continence nocturne s’acquiert rapidement en suivant, mais parfois cela prend quelques semaines, voire mois supplémentaires. Pas de panique.

Laissez votre enfant gérer son corps et ses besoins. Vous pourrez lui proposer d’ôter les couches pour dormir lorsque vous constaterez qu’elles sont sèches après la sieste ou la nuit.

Des culottes d’apprentissage lavables peuvent être intéressantes à utiliser. Elles permettent de retenir quelques gouttes d’urine et valorisent l’enfant dans son évolution.

J’aime particulièrement celles de la marque Bambino mio :

Lien vers les culottes d’apprentissage

Certains enfants ont quelques difficultés persistantes avec la continence nocturne. Si cela perdure au delà des 5 ans de l’enfant, parlez-en à votre médecin. 15% des enfants peuvent être touchés par l’énurésie (miction répétée, involontaire et inconsciente, souvent nocturne).

Les régressions

Suite à un stress, de gros changements (déménagement, arrivée d’un nouveau membre dans la famille, changement familial) ou d’autres causes, il se peut que votre enfant continent jusqu’alors, ne semble plus trop maîtriser ses sphincters et se fasse souvent pipi dessus.

Cela peut vous inquiéter, vous déconcerter et vous donner des envies de grands discours moralisateurs qui seront le plus souvent complétement inefficaces et inappropriés. Votre enfant sait très bien qu’il faut uriner aux toilettes et non par terre, dans son pantalon. En lui faisant la morale, vous renforcerez surement le problème qui est ailleurs.

Acceptez ces phases avec bienveillance. Montrez à votre enfant que vous êtes là pour le soutenir quoiqu’il arrive. N’hésitez pas à reproposer une couche culotte pour apaiser les choses.

« Je vois bien que quelque chose te perturbe, est-ce que tu sais ce qu’il se passe? »

« Tu sais que tu es capable de maitriser ta vessie et d’uriner au bon endroit. Je comprends qu’en ce moment tu n’y arrives plus, mais ça va revenir ».

Le fait de déménager, de voir les affaires disparaitre dans des cartons, peut donner à l’enfant l’impression de perdre quelque chose. Alors il va se retenir de faire pipi, pour avoir la sensation de maitriser les choses : « C’est à moi, je ne veux pas que ça disparaisse ».

Un petit frère, une petite soeur, l’enfant cherche un peu d’attention et lui aussi voudrait bien redevenir un petit bébé…

L’école, le changement de rythme… Ce n’est pas évident pour les tout-petits qui n’appréhendent pas les choses comme nous.

Dans tous les cas : votre enfant finira par ne plus porter de couche un jour ! Soyez-en sûrs.

Petits trucs en plus

Il est très fréquent qu’un enfant urine dans un pot ou toilettes mais refuse pour les selles. N’hésitez pas à suivre son rythme en proposant une couche pour ces moments-là (généralement il sait très bien repérer ce moment). Si l’enfant se bloque, il risque d’être constipé. La constipation entraine des douleurs et retardera la suite du processus.

Concernant l’hygiène : il est difficile pour un enfant de s’essuyer convenablement. Vous pouvez favoriser son autonomie en laissant du papier toilette, des lingettes à sa disposition mais aidez-le en vérifiant après lui. Pour une petite fille, il est très important de respecter le geste d’avant vers l’arrière (sinon gare aux inflammations de la vulve et possibles infections urinaires….)

De manière générale, comme pour le reste, n’hésitez pas à accompagner votre enfant par la parole (avec mesure tout de même, n’en faites pas trop!). Souvenez-vous que cette acquisition appartient à votre enfant, seul. Son corps n’est pas là pour faire plaisir. C’est un processus naturel et tout le monde y parvient un jour!

J’espère que cet article vous est utile, n’hésitez pas à le partager dans votre entourage et à me faire part de votre avis ou expérience dans les commentaires. 🙂

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